Article paru dans l'EST Républicain - Juin 2018

Article de l'Est Républicain Nancy du 19 juin 2018.
NANCY
Il se chauffe à l’hydrogène.
La première maison de la métropole chauffée à l’aide d’une pile à combustible vient d’être équipée à Vandœuvre. Le propriétaire, Eric Caissial, et l’installateur, présentent les enjeux et les avantages de cette technologie écoénergétique.
Depuis la tragédie de Fukushima, « plus de 200.000 systèmes de chauffage fonctionnant à l’aide d’une pile à combustible ont été installés au Japon », indique Pascal Kesler, chauffagiste à Pulnoy et installateur du tout
premier chauffage à l’hydrogène « dans la métropole du Grand Nancy, voire de Meurthe-et-Moselle ».
En Allemagne, on compte déjà plus de 30.000 installations à pile à combustible. En France, la société Viessmann développe cette technologie depuis 2014. « La première, c’était à Forbach. Viessmann se limite
cependant pour le moment à 250 installations tests, dans le cadre d’un programme européen », poursuit le chauffagiste.
La pile produit de l’électricité qui libère de la chaleur.
Depuis quelques semaines, le premier système de chauffage Vitovalor 300-P à hydrogène de Viessmann fonctionne donc dans la maison d’Eric Caissial, rue Charles-Peguy, à Vandœuvre. « Pascal Kesler est depuis longtemps mon chauffagiste. Mon installation était vieillissante. Je voulais la remplacer
par un chauffage à condensation à gaz. Quand il est venu me présenter différents types d’équipement, j’ai vu noyé dans les brochures la plaquette d’un chauffage à pile à combustible », dit-il. Cet ingénieur en
informatique sensible aux questions environnementales interroge son installateur. « Pour moi, l’hydrogène, c’était le programme de la Nasa Apollo. Cette technologie ayant été développée pour la conquête spatiale ».
Il dévore les brochures et les documentations. « Sur le site de Viessmann, c’est d’ailleurs Michel Chevalet qui la présente avec une grande conviction ». Et les arguments parlent d’eux-mêmes. Avec cette technologie, la facture de chauffage et d’électricité baisse « de 15 % par rapport aux systèmes de chauffage par condensation de dernières générations. Pour la pollution, sachant que les impacts sont désormais infimes, on réduit les seuils relevés encore de 30 % », précise Pascal Kesler.
L’avantage est donc à la fois écologique et économique. Mais comment ça fonctionne. « Le gaz naturel est transformé par un élément du système afin de récupérer la molécule d’hydrogène. Cet hydrogène passe ensuite au travers du cœur de pile, ce qui génère de l’électricité. Cette réaction chimique a pour effet secondaire de produire de la chaleur qui est récupérée et stockée dans un ballon tampon pour le chauffage de l’habitation ». En clair, cette installation fabrique de l’électricité et libère ensuite de la chaleur. Cette chaleur chauffe la maison (N.D.L.R : si les besoins sont supérieurs à la production, pour l’eau chaude d’une douche
en plus du chauffage par exemple, un brûleur se met en route) et l’électricité produite en continu (750 W par heure) « permet de couvrir l’intégralité des consommations de basse d’un foyer, notamment les besoins
générés par les appareils en veille », explique Eric Caissial.
Le propriétaire sera en outre bientôt alimenté en gaz biomasse, ce qui fait de son installation un équipement hautement écoresponsable.
Alexandre POPLAVSKY
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